En bref
Les pommettes posent un problème de méthode que les autres zones posent moins : ce qu’on observe est un os recouvert d’un coussinet graisseux, et le second varie avec le poids alors que le premier ne varie pas. Une personne qui perd cinq kilos voit ses pommettes apparaître ; rien de son tempérament n’a changé.
Une lecture sérieuse distingue donc l’os de ce qui le recouvre, et c’est faisable : la saillie osseuse se situe plus haut et plus latéralement que le volume graisseux, qui occupe le creux sous l’œil et l’avant de la joue.
Trois critères, dont un de profil
La hauteur. À quelle distance sous l’œil se situe le point le plus saillant. Des pommettes hautes sont proches de l’orbite, des pommettes basses descendent vers le milieu de la joue.
La projection latérale se lit de face : la largeur du visage au niveau des pommettes, comparée à celle des tempes et à celle de la mâchoire. C’est ce rapport qui donne la forme d’ensemble du visage, un losange quand les pommettes dominent nettement les deux autres.
Le modelé ne se voit bien que de trois quarts : le volume est-il net, avec une arête perceptible, ou fondu dans la joue ? Corman rattache cette netteté à la tonicité.
Ce que la grille en tire
Quatre configurations, et un piège.
Des pommettes saillantes et hautes relèvent de la dilatation tonique sur l’étage affectif. La lecture morphopsychologique y voit une présence, au sens de la place qu’on occupe dans un échange, sans que cela dise si on la cherche ou si on la subit.
Des pommettes effacées se rattachent à la rétraction : une surface de contact réduite, un abord moins immédiat. Corman ne l’associe pas à de la froideur mais à une sélectivité dans l’ouverture.
Des pommettes larges mais peu modelées. De la largeur sans arête, sont lues comme une présence disponible mais non affirmée : la structure existe, elle ne se signale pas.
Des pommettes basses déplacent le poids du visage vers l’étage instinctif, et se lisent en rapport avec la mâchoire plus qu’avec les yeux.
Ce que le sourire change
Le sourire remonte et projette les pommettes, parfois spectaculairement. Une photographie souriante donne donc presque systématiquement des pommettes plus saillantes qu’au repos, c’est d’ailleurs pourquoi les portraits professionnels privilégient cette expression.
Une lecture faite sur un visage souriant surestime cette zone, et le déséquilibre se répercute sur tout le reste : les trois étages ne se comparent plus correctement. C’est la raison pour laquelle notre analyse demande une photo de face au repos avant toute autre, et traite la photo souriante comme un complément.
Ce que des pommettes ne disent pas
Elles ne disent rien de la sociabilité réelle de quelqu’un, et pour une raison structurelle : des pommettes hautes sont un marqueur d’attractivité dans la plupart des cultures visuelles contemporaines. Les personnes qui en ont reçoivent statistiquement plus d’attention positive, ce qui influence leur aisance sociale, laquelle est alors attribuée à leur visage alors qu’elle vient de la façon dont on les traite. La forme n’explique pas le comportement ; elle change ce que les autres en font.